Vincenzo Scifo, dit Enzo Scifo, né le 19 février 1966 à La Louvière en Belgique de parents italiens, est un ancien footballeur international belge, devenu entraîneur.
Meneur de jeu de grand talent, Scifo est considéré comme l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du football belge.
Doté de qualités physiques ordinaires (il mesure 1,78 m), il pouvait
par contre compter sur des qualités techniques et une vision du jeu
hors-normes, lui permettant de briller au poste de milieu de terrain
axial. Élu soulier d’or (meilleur joueur belge) en 1984 et joueur belge
de l’année en 1991, Enzo Scifo participe à quatre phases finales de la Coupe du monde (1986, 1990, 1994 et 1998), record national qu’il partage avec Franky van der Elst et Marc Wilmots.
Carrière
Comme joueur
« Enzo » Scifo commence le football dans la rue de son quartier de La Louvière. À sept ans, il intègre le club local, la RAA Louviéroise. Remarqué pour son sens du jeu et sa maîtrise du ballon, Enzo Scifo est recruté en 1982 par le Royal Sporting Club d’Anderlecht, le club belge le plus titré (31 titres nationaux à ce jour), qui remporte cette année-là la Coupe UEFA 1982-1983.
Scifo a 17 ans lorsqu’il fait ses premiers pas en Division 1 Belge, (la Jupiler Pro League actuelle) et en coupe d’Europe avec les Mauves. Scifo s’impose immédiatement comme titulaire au sein d’une équipe qui atteint de nouveau la finale de la coupe UEFA, perdue cette fois aux tirs au but face à Tottenham Hotspur. Quelques semaines plus tard, il fait ses débuts en équipe nationale belge face à la Hongrie. Il est élu meilleur joueur belge en fin de saison, à seulement 18 ans.
Il confirme les années suivantes son grand talent. Champion de Belgique à trois reprises avec Anderlecht en 1985, 1986 et 1987, il mène les Diables Rouges en demi-finales de la Coupe du Monde 1986, où ils sont éliminés par l’Argentine de Maradona, futur championne du monde.
Enzo Scifo est repéré par les plus grands clubs européens. Il choisit alors d’intégrer l’Inter Milan, où il ne rencontre pas le succès escompté. Il n’y reste qu’un an et rejoint les Girondins de Bordeaux en 1988.
Ses premiers matches sous le maillot des Girondins sont brillants, mais
des blessures à répétition et des problèmes relationnels avec les
cadres de l’équipe contrarient ses prestations. Le meneur de jeu décide de rejoindre l’AJ Auxerre. Guy Roux,
l’entraîneur du club, le prend alors sous son aile, lui permettant de
remonter à la surface alors qu’il traverse une période sombre. Il réalise deux saisons performantes avec l’A.J.A., qui atteint les quarts de finale de la Coupe UEFA en 1990
et termine la saison 1990-1991 à la troisième place, égalant le
meilleur classement de son histoire à l’époque. Il sera à cette époque
désigné meilleur joueur étranger du championnat de France. Entre temps
il dispute la coupe du monde de 1990 avec les Diables rouges, qui sont éliminés par l’Angleterre
en huitième de finale, le seul but du match étant inscrit par les
Anglais à une minute de la séance des tirs aux buts. Il sera repris dans
l’équipe type du Mundiale.
Après ces deux saisons remarquées, Scifo décide de retourner en Italie, sous les couleurs du Torino, second club de Turin, où il joue de 1991 à 1993. Pour sa première saison, le club termine à la 3e place du championnat et atteint la finale de la coupe UEFA, perdue face à l’Ajax Amsterdam du fait des buts marqués à l’extérieur (2-2; 0-0). Lors de la deuxième saison, le Torino remporte la coupe d’Italie, mais termine la saison à une décevante neuvième place.
Il dépose alors ses valises à l’AS Monaco. La première saison voit le club atteindre les demi-finales de la Ligue des champions, où il est éliminé logiquement par le Milan AC,
mais terminer à une décevante neuvième place en championnat. Scifo
participe cet été à sa troisième coupe du monde, où les Belges sont de
nouveau éliminés en huitième de finale, par les Allemands cette fois
(3-2). La saison suivante, handicapé par des blessures, Scifo ne joue
que 13 matchs. Les deux saisons suivantes voient les monégasques obtenir
de bien meilleurs résultats, et remporter finalement le titre de champion de France en 1997.
Diminué par les blessures à répétition, Enzo Scifo retrouve alors la Belgique et le club qui l’a révélé, douze ans plus tôt, Anderlecht. En 1998, à 32 ans, il dispute sa quatrième Coupe du Monde
avec la Belgique, dont l’équipe vieillissante est éliminée au premier
tour. Il termine sa carrière internationale à l’issue de la compétition,
sur un total de 84 sélections et 18 buts en équipe de Belgique. Un conflit naîtra d’ailleurs entre lui et le sélectionneur Georges Leekens,
suite au dernier match face à la Corée du Sud: alors qu’il est le
meilleur joueur sur la pelouse et qu’une victoire est nécessaire aux
Diables Rouges pour espérer accrocher la deuxième place du groupe,
Leekens décide de le sortir au profit du très âgé milieu de terrain
défensif Franky Van der Elst
(37 ans). Plus que Scifo, c’est la Belgique toute entière qui s’est
étonnée de ce changement incompréhensible. Scifo en gardera un souvenir
très amer et ne sera plus appelé en équipe nationale suite à ce match.
En 2000, Anderlecht est champion de Belgique. Blessé à la clavicule, Scifo, 36 ans, rejoint alors le Sporting de Charleroi, où une nouvelle blessure au genou le contraint à mettre fin à sa carrière de joueur.
Comme entraîneur
Après sept clubs et 18 saisons, Enzo Scifo raccroche les crampons sans
réellement quitter les pelouses puisqu’il devient entraîneur du Sporting de Charleroi, poste qu’il occupe un peu plus d’un an. Après cette première expérience d’entraineur, Enzo Scifo arrive en décembre 2004 à Tubize, en Division 2 belge, comme entraineur et directeur sportif.
L’expérience dure un peu plus d’un an; en janvier 2006, Enzo
démissionne de ses fonctions d’entraineur suite à une succession de
mauvais résultats, afin « de mieux se concentrer sur [ses] tâches de directeur sportif ».
Fin 2007, Scifo reprend du service en tant qu’entraineur à l’Excelsior de Mouscron, où les dirigeants ont décidé de limoger l’entraineur Marc Brys. Ses débuts sont difficiles : les Hurlus
ne prennent que deux points sur 18 possibles… avant de redresser la
tête, de sorte que Scifo est finalement confirmé à l’Excelsior. À la fin
de la saison 2008-2009, le club termine 11ème du championnat. En accord
avec les dirigeants, Scifo décide de renoncer.
En Février 2012, Scifo s’engage au RAEC Mons en tant qu’entraineur, succédant ainsi à Dennis Van Wijk. En février 2013, Scifo annonce la prolongation de son contrat au RAEC Mons pour 2 années supplementaires (juin 2015).
Curiosité
En 1985, il sort un 45 tours Gagné d’avance dont les auteurs sont Toto Cutugno et Jacques Duvall qui s’avère être un bide.
Statistiques
Au cours de sa carrière, Enzo Scifo dispute 477 matchs de championnat :
205 en Belgique (pour 49 buts), 90 en Italie (pour 20 buts) et 182 en
France (pour 52 buts) .
| Saison | Champ. | Coupes nat. | Europe | Sélections | Total | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison | Club | Comp. | Matchs | Buts | M. | B. | Comp. | M. | B. | M. | B. | M. | B. |
| 1983-1984 | Anderlecht | Championnat de Belgique | 25 | 5 | C3 | 8 | 1 | 4 | 0 | ||||
| 1984-1985 | 30 | 14 | C3 | 6 | 1 | 6 | 2 | ||||||
| 1985-1986 | 31 | 5 | C1 | 5 | 2 | 10 | 2 | ||||||
| 1986-1987 | 33 | 8 | C1 | 5 | 1 | 6 | 1 | ||||||
| Saison | Club | Comp. | Matchs | Buts | M. | B. | Comp. | M. | B. | M. | B. | M. | B. |
| 1987-1988 | Inter Milan | Serie A | 28 | 4 | C3 | 6 | 1 | 2 | 0 | ||||
| Saison | Club | Comp. | Matchs | Buts | M. | B. | Comp. | M. | B. | M. | B. | M. | B. |
| 1988-1989 | Girondins Bordeaux | Division 1 | 24 | 7 | C3 | 6 | 1 | 6 | 0 | ||||
| 1989-1990 | Auxerre | Division 1 | 33 | 11 | C3 | 9 | 5 | 9 | 2 | ||||
| 1990-1991 | 34 | 14 | 5 | 1 | |||||||||
| Saison | Club | Comp. | Matchs | Buts | M. | B. | Comp. | M. | B. | M. | B. | M. | B. |
| 1991-1992 | Torino | Serie A | 30 | 9 | C3 | 11 | 2 | 6 | 3 | ||||
| 1992-1993 | 32 | 7 | C3 | 4 | 0 | 6 | 3 | ||||||
| Saison | Club | Comp. | Matchs | Buts | M. | B. | Comp. | M. | B. | M. | B. | M. | B. |
| 1993-1994 | Monaco | Division 1 | 31 | 6 | C1 | 11 | 2 | 8 | 1 | ||||
| 1994-1995 | 11 | 2 | 1 | 2 | |||||||||
| 1995-1996 | 34 | 7 | C3 | 2 | 0 | 5 | 0 | ||||||
| 1996-1997 | 15 | 5 | C3 | 5 | 0 | 4 | 0 | ||||||
| Saison | Club | Comp. | Matchs | Buts | M. | B. | Comp. | M. | B. | M. | B. | M. | B. |
| 1997-1998 | Anderlecht | Championnat de Belgique | 30 | 4 | C3 | 5 | 1 | 6 | 1 | ||||
| 1998-1999 | 27 | 8 | C3 | 3 | 0 | ||||||||
| 1999-2000 | 17 | 2 | C3 | 1 | 0 | ||||||||
| 2000-2001 | Charleroi | Championnat de Belgique | 12 | 3 | |||||||||
| Total | 477 | 121 | – | – | – | 87[2] | 17 | 84 | 18 | – | – | ||
Palmarès
- Club
- RSC Anderlecht
- Champion de Belgique : 1985, 1986, 1987 et 2000
- Vainqueur de la Coupe de la Ligue Pro : 2000
- Finaliste de la Coupe UEFA : 1984
- AS Monaco
- Torino FC
- Vainqueur de la Coupe d’Italie : 1993
- Finaliste de la Coupe UEFA : 1992
- Équipe de Belgique
- Participations aux Coupes de Monde en 1986 (4e), 1990 (1/8 de finaliste), 1994 (1/8 de finaliste) et en 1998 (Premier tour)
- Participation au Championnat d’Europe de football en 1984 (Premier tour)
- Distinctions individuelles
- Soulier d’or belge en 1984 avec le RSC Anderlecht
- Meilleur jeune joueur à la Coupe du monde de football 1986
- Footballeur Pro de l’année en 1991 avec l’AJ Auxerre
- Parmi les 40 sélectionnés au Ballon d’or 1993
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