Marcolini, Pierre

 

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Pierre Marcolini

Des limites, dites-vous ?

Sacré champion du monde de pâtisserie en 1995, le chocolatier Pierre
Marcolini est un brillant exemple du dépassement de soi. Loin de se limiter aux
titres, il explose d’envies et d’idées tous azimuts.

Quelle folie de
prévoir un horaire quand on rencontre Pierre Marcolini ! Bien sûr, chacun a la
ferme intention de s’y tenir, oui mais voilà… le tourbillon de la vie reprend
toujours le dessus. Car cet homme a un don : une générosité hors du commun.
C’est bien simple, il ne parle pas, il conte. Tout ce qui touche à l’humain
vient chatouiller sa corde sensible. Culture japonaise, cafés bruxellois ou
éthique dans le luxe… vous ne voyez pas le rapport ? Lui si. La quintessence de
leurs arômes se niche dans la vie, le sens.

Passion n’est pas un
vain mot

Aphrodisiaque, antidépresseur, selon lui (et Dieu sait
qu’il s’y connaît !) les vertus associées au chocolat sont imaginaires mais
retranscrivent bien la magie liée à ce produit. “Il y a deux choses incroyables
avec le chocolat. D’abord, il est universel. Il peut aborder toutes les cultures
et plaire à des Japonais par exemple. Et puis, il vous accompagne toute votre
vie. Il fait partie des images d’Epinal : son odeur ou tremper son doigt dedans
comme on l’a tous fait enfant.” Ses yeux pétillent, il frissonne… Sa vision du
métier a commencé en lisant la définition de chocolatier : personne qui fabrique
et vend du chocolat. Qui fabriquait encore ses tablettes ? Pratiquement personne
à l’époque, lui maintenant. Cette démarche illustre bien son essai de revisiter
le monde de la chocolaterie, auquel il reprochait de limiter sa qualité. Il est
le premier en tout cas à communiquer sur les crus d’origine, la provenance et la
possibilité de créer la magnificence dans une gamme de produits différenciés.
Ses nouvelles associations aussi ont détoné dans le milieu : un chocolat mélangé
à différents thés, à des épices, à des saveurs florales (comme l’eau de rose).
Lorsqu’il maîtrise le processus de torréfaction, le chocolatier redevient cet
artiste, ciseleur de la puissance aromatique.
New York, Tokyo, Londres,
Paris, Koweït… la marque Marcolini se conjugue à l’international. Mais Pierre
avance avec les valeurs de sa génération. S’il sillonne tous les ans la moitié
de la planète pour trouver l’or de la fève, il parle aussi de pérenniser les
filières et payer deux fois le prix de la bourse si cela permet aux planteurs de
vivre correctement. D’ailleurs quand il parle marketing, c’est “intuitif”. Ici,
la fin et les moyens ne font qu’un !

PIERRE M. EN
BREF

Mon stamcafé : Chez Richard et Le Grain
de Sable
2 rue des Minimes – 1000 Bruxelles. Le Grain de Sable. Place du
Grand Sablon, 15-16 – 1000 Bruxelles. Tél : 02/514 05 83. Ouvert tous les jours.

J’aime, j’aime pas
J’aime la vie que je mène et mon
métier qui est une véritable histoire d’amour, le Kenya aussi dont je reviens et
qui dégage une émotion incroyable. Je pense que ça fait partie d’une mémoire
collective.
J’aime pas… peu de choses… mais l’hypocrisie et la rancune, la
vie est trop courte et je crois beaucoup à l’importance de la capacité à
pardonner, pas à oublier. Et puis les abats…

Ma tribu

Elle est très grande. La femme avec qui je vis, mon fils bien sûr, mes amis,
mon équipe, surtout en Belgique mais aussi dans le reste du monde.

Mes lieux à Bruxelles
Le Sablon au sens large : rue
Haute, rue Blaes. Aussi le quartier de la rue Dansaert pour son émulation
créative et multiculturelle. La place du Châtelain le mercredi soir : une vraie
embuscade.

Mon actu
En ce moment, c’est bien sûr la
préparation de Noël qui nous occupe plus qu’à plein temps. Elle représente 25 %
de notre chiffre d’affaires. Fin janvier, je m’envolerai pour le Japon où la
Saint-Valentin a pris une dimension absolument colossale. En mars, nous
ouvrirons le plus grand magasin à l’international : 250 m², à Nagoya, le 4e au
Japon. C’est un concept glace, chocolat et pâtisserie. Il y a aussi un projet de
studio de création à Saint-Gilles qui prend sérieusement forme mais pour
l’instant : chut !

Entrepreneur humaniste
"C’est un
grand bonheur de voir les gens grandir, s’épanouir dans l’entreprise. Maintenant
c’est aux jeunes qu’il faut prouver l’intérêt des métiers manuels.” Aujourd’hui
ils sont 100 en Belgique et 250 dans le monde à dépendre de la marque.

B.B (St.)


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